Toys'R'Us se déclare en faillite

Publié le 19 Septembre 2017
Le placement de Toys'R'Us sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, comme nous l'annoncions hier, était donc bien imminent. Le géant de la distribution du jouet doit faire face à une dette de 4 milliards de dollars. Cette procédure va lui permettre de poursuivre son activité en restructurant sa dette.

A quelques semaines des fêtes de Noël, sous la pression de ses fournisseurs, Toys'R'Us n'avait d'autre choix que de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Celle-ci va lui permettre de poursuivre son activité tout en mettant tout en oeuvre pour " restructurer sa dette existante et créer une structure de capital saine afin de pouvoir investir dans sa croissance à long terme et concrétiser son aspiration à apporter aux enfants des jeux partout ".

Les 1 600 magasins que Toys'R'Us possède à travers le monde " dont la grande majorité est rentable " vont donc poursuivre leur activité. Ceux qui sont situés hors des Etats-Unis et du Canada ne sont pas concernés par la mise sous la protection du chapitre 11.

Sur le premier trimestre de l'exercice 2017/2018 (clos fin avril), Toys'R'US a réalisé une perte nette de 164 millions de dollars (126 millions en 2016) pour un chiffre d'affaires de 2,21 milliards de dollars, en baisse de 4,7%.

" Ensemble avec nos investisseurs, notre objectif est de travailler avec nos créanciers et d'autres créditeurs pour restructurer la dette à long terme d'un montant de 5 milliards de dollars dans notre bilan financier ", explique Dave Brandon, le PDG de Toys'R'Us. Ce qui va procurer à l'entreprise " une plus grande flexibilité financière " pour investir dans son activité, poursuivre l'amélioration de l'expérience clients dans les magasins et sur les sites en ligne mais aussi renforcer sa position face à la concurrence.

Plusieurs banques, dont JPMorgan, ont accepté d'injecter dans le groupe plus de 3 milliards de dollars de façon à " améliorer immédiatement la santé financière de la société et soutenir les opérations en cours ". Et à passer la période des fêtes qui génère près de la moitié de son chiffre d'affaires sur deux mois...

Cela suffira-t-il pour remettre l'entreprise sur les rails ? Toys'R'Us est confronté à la concurrence de la vente en ligne. Le marché du jouet a beau être en croissance. C'est Amazon qui capte l'essentiel de celle-ci...

Marché du jouet : la rude concurrence sur Internet

Comme le montre très clairement le graphique ci-dessous qui se base sur les données de l'ecommerceDB.com de Statista, les acteurs du secteur n'arrivent pas à faire face au titan Amazon qui domine largement les ventes en ligne de jouets. Le groupe de Jeff Bezos aura-t-il fini par tuer (aussi) Toys "R" Us ?

Infographie: Amazon contre Toys


Dans ces conditions, comment continuer de générer du trafic en magasin à l’époque des achats sur Internet ?
Christophe Vattier, Président de Bubbles Company, nous apporte son analyse.
" Les magasins représentent encore en moyenne 90% du CA pour un retailer. Ils restent donc le maillon central dans le processus d’achat. Ils ne sont pas condamnés à voir leur trafic s’éroder. En revanche les magasins doivent créer une expérience complémentaire de celle d’Internet. Si on se déplace dans un lieux on n’attend pas la même expérience, le même service, la même information que devant son écran. Il est donc essentiel pour les grands acteurs du retail de “re”penser la complémentarité entre les différents canaux de contact et de vente. Cela passe par entre autre par une vraie digitalisation du point de vente pour apporter des services nouveaux attendus par les consommateurs ".

Dois-je ouvrir un canal de vente sur mobile ? Quels services me permettent de dégager de nouveaux revenus sur mon espace ? Comment augmenter le panier de mes clients ? Quelle est ma stratégie digitale pour continuer d’exister face à Amazon ?
" Le canal mobile est incontournable, ne pas être présent via une app et/ou un site dédié… est inconcevable aujourd’hui. Maintenant pour faire quoi ? s'interroge Christophe Vattier. L’immense majorité des app retailers & marques ne sont téléchargées par personne car elles ne servent à rien, n’offrent pas de vrais services. Dans les concepts de base il y a la carte de fidélité, le click & collect. Maintenant de nouveaux concepts, comme par exemple le 1/X de Bubbles, en gamifiant l’achat, en créant de l’aléa, génère du drive to store et un accroissement des achats.
Les retailers doivent investir ces nouveaux territoires rapidement. D'une part cela va leur apporter un ROI positif dégageant de nouveaux achats et c’est une condition de différenciation face aux grands acteurs du digital qui investissent le champs du commerce physique comme on peut le voir avec Amazon et Alibaba. Les acteurs historiques du retail ont toute leur place à l’avenir mais face aux grands du digital, ils doivent monter leur niveau de services. Car si demain dans une boutique physique Amazon l’expérience vécue est supérieure à celle des acteurs traditionnels, alors beaucoup vont connaître le sort de Toys R Us. Au final ce qui se passe dans le domaine retail est une bonne nouvelle pour les consommateurs car les prestations délivrées dans ce secteur vont fortement s’accroître dans les mois et années à venir
".

Texte modifié le 20 septembre 2017.
 
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