Transports et Logistique : La feuille de route des candidats à la présidentielle

Publié le 14 Mars 2017
Ce mardi, les représentants des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont donnés rendez-vous au salon SITL, la grand-messe de la logistique, pour décliner la feuille de route du prochain Président de la République en matière de transport et de logistique. Un passage obligé eu égard au poids économique du secteur – la logistique constitue un vivier de 1,8 million d’emplois et représente 10% du PIB national – et aux mutations politiques, sociales et numériques dont il fait l’objet.

A tour de rôle, Louis Nègre (Les Républicains), François De Voyer (Front National), Arnaud Leroy (En Marche !) et Laurent Courtois (La France Insoumise) ont fait connaître la position de leur candidat respectif sur les enjeux majeurs du secteur. En voici un aperçu présenté par le SITL :

L’Etat à la rescousse

Si tous s’accordent sur la nécessité d’une implication de l’Etat pour soutenir le secteur, les modalités divergent suivant les candidats. Les deux impétrants de droite s’accordent sur la création d’un ministère ad hoc. Par exemple François Fillon préconise la création d’un ministère de plein exercice dédié à la logistique aux transports et aux infrastructures ; ainsi qu’un allègement des normes et des processus administratifs pesant sur le secteur. Côté Front National, on envisage la création de deux portefeuilles : un grand ministère de l’outre-mer et de la mer ainsi qu’un ministère de l’aménagement du territoire et des transports. Ceux-ci seraient accompagnés d’une suppression des intercommunalités et d’un renforcement du pouvoir des maires.

A gauche, Emmanuel Macron veut s’en tenir au plan France Logistique 2025. Certain que son application suffirait à réintégrer la France dans le Top 5 mondial du classement LPI de la Banque Mondiale. Il appelle également de ses vœux la création d’un secrétariat d’état dédié à la logistique qui travaillerait de concert avec le Ministère de l’Economie, mais aussi notamment celui de l’Environnement et du Travail. Peu disert sur cet aspect de son programme, Jean-Luc Mélenchon envisage principalement des investissements ciblés tels qu’une renationalisation des autoroutes françaises.

La décarbonation fait (presque) consensus

A l’exception de la candidate du Front National, tous les candidats font de la décarbonation une priorité. Le diesel et l’essence sont dans le collimateur de François Fillon qui propose de les taxer de façon égale. Pour l’ancien Premier Ministre, il s’agit d’avancer au pas de course vers une économie décarbonée en augmentant la part d’électrique pour diminuer celle du pétrole. Sans pour autant détailler les médiations utilisées, Emmanuel Macron fixe l’objectif suivant à la France : une décarbonation totale à l’horizon 2050.

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon s’engage à mettre la transition écologique au cœur de sa doctrine logistique. Pour ce faire, le candidat propose une application de la taxe carbone et la création d’une taxe kilométrique pour la traversée du pays.

Peu bavard sur le thème de la décarbonation, le FN avance principalement l’idée d’une taxation des transporteurs étrangers traversant l’Hexagone.

Entre modernisation et multimodalité : les pistes des candidats pour les infrastructures logistiques du pays

Les deux candidats de gauche plaident pour une modernisation des infrastructures portuaires. Pour Emmanuel Macron, la gestion portuaire germano-flamande doit servir d’exemple pour les ports français. Outre-Quiévrain et outre-Rhin, les ports ont effectivement muté en places de commerces. De là à envisager leur privatisation ? Non, se défend le candidat qui entend toutefois reconnaître les capitaux privés dans les ports. A sa gauche, Jean-Luc Mélenchon se fait le chantre de l’autonomie des ports et, plus largement, d’un schéma multimodal fondé sur des bases locales fonctionnelles.

De l’autre côté de l’échiquier politique, François Fillon et Marine Le Pen envisagent de concentrer leurs efforts sur le frêt ferroviaire. Le premier, s’engage à moderniser les réseaux ferroviaires afin de privilégier le frêt massifié.

Quant à la seconde, elle déplore l’état de vétusté des rails français qu’elle impute au manque d’intérêt des élus pour ce moyen de transport.

L’épineuse question du budget

Pour financer ses investissements, le Front National prévoit une taxe de 3% sur les importations et un prélèvement à hauteur de 2% du montant de l’Assurance vie. Chez les Républicains, on estime que les financements proviendront de l’augmentation du coût du carbone et d’un système de vignettes basé sur le principe du pollueur-payeur. Un modèle utilisé en Allemagne qui a rapporté 12 milliards d’euros depuis son introduction.

Pour Jean-Luc Mélenchon, les taxes carbone et kilométrique ainsi que la renationalisation des autoroutes suffiront à financer son programme de modernisation de la logistique française.

Enfin Emmanuel Macron avance l’idée d’une taxe carbone à hauteur de 100 € la tonne.

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