L'advisory board, une aventure humaine et personnelle !
Par Renaud Sornin, Co-fondateur et dirigeant d’Attestation Légale

Publié le 6 Novembre 2017
L’intérêt d’un advisory board pour une start-up, une petite entreprise ou une PME n’est plus à démontrer. Ainsi, de nombreux dirigeants s’adjoignent-ils les lumières d’un conseil des sages qui les accompagne dans leur stratégie et dans leurs choix. Rien que de très évident là-dedans : l’entrepreneur, coincé entre le speed du quotidien et un isolement relatif, s’appuie sur l’intelligence collective née de la réunion de professionnels compétents n’ayant pas d’intérêts particuliers à défendre dans l’entreprise. Mais au-delà de ces considérations somme toute banales, un advisory board, c’est avant tout une aventure humaine. Et personnelle ! Il force le chef d’entreprise à se mettre dans une position d’écoute et d’humilité qui n’est pas toujours naturelle – j’en parle en connaissance de cause !- et il l’oblige à se poser de vraies questions : quelles sont mes valeurs ? Où veux-je aller avec mon entreprise ? Comment mettre en œuvre mes convictions ? Chez Attestation Légale, nous avons fait le choix d’un board féminin, jeune et digital. Sa mission : nous challenger, Romain notre DG et moi. C’est ainsi que je me suis engagé à savoir sortir de ma zone de confort. Ce n’est pas toujours évident… Mais c’est passionnant.

« La femme est l’avenir de l’homme, le jeune est l’avenir du vieux »

Aujourd’hui, quels sont les sujets qui sont au cœur de la dynamique entrepreneuriale ? La transformation digitale, bien sûr, qui concerne tous les secteurs d’activités et tous les types d’organisations, la parité et la diversité.
La femme est l’avenir de l’homme. Le jeune est l’avenir du vieux. Ces phrases peuvent faire sourire. Elles doivent cependant être prises avec sérieux. D’autant qu’on est loin de les mettre en pratique dans le monde de l’entreprise, dès lors que l’on gravit les échelons. Peut-être même encore moins, quand il s’agit d’intelligence collective. Le travail quotidien avec un advisory board fortement féminisé et rajeuni – sans doute le plus féminin de France, j’ose l’affirmer* – me conforte dans cette conviction. Et ce n’est pas de la communication !
La diversité induit la différence des points de vue. Dans un conseil de surveillance exclusivement masculin et dont l’âge minimum est supérieur à 40 ans, les échanges sont parasités par des enjeux d’égo tournant souvent au combat de coqs. Résultat : l’inefficacité, pour ne pas dire plus. Dans un board où des femmes, qui sont aussi des expertes dans leur métier, jouent leur rôle à part entière, le comportement des hommes change. Les égos se diluent et s’apaisent. La structure devient un véritable lieu d’échanges et de brassage d’idées dont le fonctionnement devrait constituer un modèle pour toutes les entreprises à la recherche de… la sagesse des femmes et de l’impertinence des jeunes. Mais attention, ni jeunisme ni féminisme… c’est la compétence et les valeurs qui font sens. Ainsi, nous sommes aussi fiers d’avoir obtenu la confiance d’entrepreneurs humanistes expérimentés, ceux de la première heure ou les plus récents comme Jean-Michel Bérard. C’est la jeunesse d’esprit qui fait sens.

L’advisory board, rempart à la solitude du dirigeant … qui ne sait pas écouter ses collaborateurs

Au-delà de la question de la parité, il est aussi indispensable que l’advisory board intègre les enjeux de notre siècle et reflète les priorités du dirigeant. C’est là que le digital intervient. Si l’on veut digitaliser son entreprise – et quelle entreprise ne serait pas, aujourd’hui, confrontée à cet objectif majeur -, il faut d’ores et déjà digitaliser son board et le rajeunir. Réunir les compétences de sages du secteur. Et savoir les écouter.
Car c’est à cela, que sert l’advisory board. Permettre et développer l’écoute. Une étude récente** montre que 45 % des dirigeants de PME et d’ETI se sentent isolés. Rien d’étonnant, dans ce chiffre. La solitude du chef d’entreprise est une réalité qui peut nuire à l’entreprise. Bien sûr, les associés, les salariés, les actionnaires peuvent apporter une aide précieuse au dirigeant. Mais il ne leur est pas possible de renier leurs propres intérêts. Seuls des interlocuteurs externes à l’entreprise peuvent jouer ce rôle essentiel : partager une vision et des conseils qui ne soient pas mus par des préoccupations strictement et légitimement individuelles.
Le dirigeant, qui peut parfois s’enfermer dans sa tour d’ivoire, doit apprendre à écouter chacun des membres de son board. De la multiplicité, naît la valeur. Plus efficace que le mentorat dont les relations one-to-one ne permettent pas de confrontation des avis, l’advisory board constitue un rempart à l’isolement du dirigeant et une opportunité stratégique pour l’entreprise. Mais encore faut-il que celui-ci fasse sens et soit capable de challenger le dirigeant.

Loin du rapport de force, l’advisory board fait donc naître une relation d’écoute, au sein de laquelle le pouvoir appartient davantage à celui qui contribue à l’intelligence collaborative, qu’à celui qui possède le droit de vote. De fait, il ne limite pas le dirigeant mais le fait grandir et l’aide à prendre de la hauteur. Il ne tient alors qu’à ce dernier de trouver les membres de l’advisory board qui sauront l’aider à sortir de sa zone de confort.

Finalement, l’advisory board est tout particulièrement adapté aux dirigeants qui (comme moi) ne sont pas des champions de l’écoute au sein de leurs équipes. Je m’en suis rendu compte lorsqu’en retransmettant certaines de ses positions à mes collaborateurs, ceux-ci régissaient en me disant « Nous te l’avions déjà dit ! », avec un soupçon d’amertume dans la voix. L’advisory board met le dirigeant d’entreprise dans une position d’écoute. C’est pour cela que ceux qui savent naturellement écouter n’en ont sans doute pas besoin !

Stratégie, valeurs et vision, les 3 piliers du conseil des sages

Dans le cas d’Attestation Légale, le choix d’un advisory board féminin s’est imposé naturellement, la parité faisant partie intégrante de la culture de l’entreprise, à tous les niveaux. Au départ, seul notre advisory board n’était pas féminin. Un non-sens que nous avons bien sûr corrigé. Puis, nous avons voulu lui adjoindre des compétences digitales. Pas facile, quand on sait à quel point ce domaine est masculin. Mais nous y sommes arrivés ! Preuve que quand on veut, on peut !

Le cœur de cible de l’entreprise étant constitué de PME, il était aussi absolument nécessaire que cet univers soit représenté au sein de notre board. C’est pourquoi nous avons sollicité Pauline Mispoulet, directrice d’un GIE regroupant 400 PME. Aujourd’hui nous souhaitons l’internationaliser pour accompagner l’internationalisation de l’entreprise.
Partie intégrante de notre écosystème entrepreneurial, il évolue et grandit avec nous. Ainsi, nous recherchons aussi un ou une philosophe car le sens est au cœur de la réussite des entreprises humanistes comme la nôtre. Et ensuite pourquoi pas un politique car l’entreprise de demain sera citoyenne…

En résumé, stratégie, valeurs, vision doivent constituer les 3 piliers d’un conseil des sages ayant toute sa place, au sein d’une entreprise. Si celui-ci n’est juste qu’un des composants de la panoplie du parfait petit chef d’entreprise, il ne sert pas à grand-chose. Et surtout pas à ce qui doit être l’un des idéaux de l’Entreprise avec un grand « E » : changer de paradigme et contribuer ainsi à une transformation sociétale qui s’avère chaque jour de plus en plus évidente.


* Céline Lazorthes, fondatrice et CEO de Leetchi.com, Marion Crosnier, directrice de la relation client chez Drivy ou encore Caroline Thellier, chef de produit puis Directrice Générale France chez PayPal, Jean-Michel Bérard, CEO d’Esker sont aujourd’hui membres de l’Advisory Board d’Attestation Légale.

** Etude réalisée en 2016 par le Lab de BPI France en coopération avec Olivier Torrès, professeur de l’Université de Montpellier, spécialiste des PME.


A propos
Initialement spécialisée dans l'immobilier et le BTP, et aujourd'hui présente dans bien d'autres secteurs : transports, événementiel, énergie, luxe, etc. Attestation Légale se définit comme un réseau social BtoB qui met en relation les entreprises entre elles. Véritable plateforme d’échanges, elle se charge également de collecter, numériser, authentifier, diffuser, mettre à jour et archiver l'ensemble des documents administratifs (légaux, financiers, sociaux et juridiques).
Objectif ? Constituer un dossier administratif unique, « une fois pour tous » ! Grâce à cette plateforme en ligne, le quotidien des entreprises est simplifié, leurs relations clients-fournisseurs sont sécurisées et pérennisées. Attestation Légale compte 70 collaborateurs pour un chiffre d'affaires consolidé de 3,5 millions d'euros en 2016, et fait partie des 7 start-up labellisées Pass French Tech en 2015, 2016 et en 2017.
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